Il y a 10 ans, une petite équipe issue de l’écosystème de l’innovation de tout le pays s’est posé une question : que faudrait-il pour accroître le succès de la commercialisation précoce afin de développer la bioéconomie canadienne?
La réponse n’était pas un autre programme de financement par subventions. Il fallait plutôt un nouveau modèle, spécialement conçu pour les entreprises en phase de démarrage qui innovent dans le domaine des produits naturels et biosourcés; un modèle qui combine une compréhension approfondie des technologies à forte composante scientifique, une expertise en matière de commercialisation et un capital patient.
C’est ainsi qu’a vu le jour Produits naturels Canada (PNC). À l’époque, il n’y avait aucune garantie que l’approche fonctionnerait. L’équipe évoluait dans le même espace incertain que connaissent bien les fondateurs soutenus par PNC : aller de l’avant sans avoir toutes les réponses, mais avec une foi inébranlable dans sa mission.
Le 1er avril, PNC a réuni une partie de son réseau à Ottawa pour marquer une décennie de tentatives de réponse à cette question.


Une décennie en chiffres
La vision qu’avait PNC il y a 10 ans a donné des résultats qui ont prouvé le fonctionnement du modèle :
- 11,9 millions de dollars investis dans 93 entreprises, ce qui a permis la création de produits biosourcés et naturels et d’emplois.
- 327 nouveaux produits mis sur le marché.
- 622 millions de dollars de capitaux recueillis.
- Pour chaque dollar distribué par PNC, les entreprises membres ont collecté 52 dollars.
« Aujourd’hui, le réseau de PNC compte 4 000 membres et 2 000 entreprises soutenues, et la réalité a dépassé mes premières projections les plus optimistes », se réjouit Shelley King, fondatrice et présidente-directrice générale de Produits naturels Canada. « L’innovation à un stade précoce ne consiste pas seulement à avoir une idée géniale; il s’agit de résoudre des problèmes à grande échelle et de faire preuve de résilience pour avancer sur un chemin rarement linéaire. »
Lors du lancement de PNC, l’objectif était de construire un modèle permettant aux entreprises en phase de démarrage de se développer grâce à un financement novateur et à l’expertise nécessaire à une commercialisation réussie. Cet objectif reste inchangé.
Le Canada dans la bioéconomie
Le Canada se trouve à un tournant clé. La sécurité alimentaire n’est plus une préoccupation politique lointaine, c’est un pilier de la résilience nationale. La durabilité n’est plus facultative; il s’agit d’une façon fondamentale d’envisager l’interaction des entreprises avec la planète. Le Canada dispose de la base agricole, des talents scientifiques et de l’infrastructure d’innovation nécessaires pour jouer un rôle de premier plan. Pour saisir cette occasion, il faut toutefois repenser l’ensemble du système, de la façon dont nous optimisons les cultures canadiennes à celle dont nous convertissons chaque sous-produit en produits biosourcés de grande valeur.
En alignant les ressources et les partenariats dans le cadre du pôle d’innovation en produits naturels de PNC, ce leadership est à portée de main. L’avenir de la bioéconomie canadienne ne peut pas être laissé au hasard. Nous devons le créer et le façonner activement par une action coordonnée.
10 ans d’innovation en matière de produits naturels
Pour marquer une décennie de soutien à l’innovation positive pour les personnes, les animaux et la planète, PNC a organisé une célébration au Musée canadien de la nature à Ottawa. Les membres, les partenaires, le conseil d’administration et le personnel se sont réunis aux côtés d’invités de marque – avec des boissons pétillantes et des bières non alcoolisées de Silver Swallow et de Partake, et des sushis au « saumon » végétal de New School Foods (une entreprise soutenue par PNC, la branche qui s’adresse aux consommateurs de ns/tx industries) pour donner le ton. Les participants ont découvert de nouveaux produits biosourcés entrant sur le marché canadien, et les sacs des délégués contenaient des produits provenant d’entreprises d’alimentation, de santé et de bien-être appartenant à des femmes et soutenues par PNC.



L’événement principal consistait en deux causeries avec des fondateurs soutenus par PNC sur l’avenir des systèmes alimentaires du Canada – non pas l’alimentation au sens traditionnel, mais une bioéconomie sophistiquée où le gaspillage n’existe pas et où l’innovation canadienne garantit des chaînes d’approvisionnement aussi résilientes que durables.
Ce qu’ont dit les fondateurs
La première causerie a réuni Eric Zimmerman, cofondateur et directeur général de Enhanced Medical Nutrition, et Gregg Curwin, président-directeur général de Novagevity (connu pour sa boisson lactée à base de plantes Sperri). Les deux fondateurs conçoivent des produits alimentaires fonctionnels dérivés de cultures canadiennes et parcourent le chemin complexe qui mène de la validation clinique à la commercialisation.
Eric a recensé trois domaines dans lesquels les jeunes entreprises canadiennes de produits biosourcés sont constamment confrontées à des difficultés : établir son image de marque et son récit (« d’une importance cruciale et souvent sous-estimés »); attirer les talents opérationnels nécessaires pour sortir du laboratoire (« Lorsque vous vous développez, vous avez besoin que les gens se développent aussi »); et continuer à innover au-delà du produit initial.
Gregg a proposé une lecture franche du capital : le soutien gouvernemental a été essentiel en phase de démarrage, mais le financement au stade de la croissance est de plus en plus rare. « Je crois fermement que nous sommes à l’aube d’un jour où, en soins de santé primaires, le médecin utilisera la nutrition de manière réfléchie, tout aussi rapidement qu’il rédigerait une ordonnance. Mais il faut pour cela que ces entreprises soient financées. »

La deuxième causerie a présenté Gavin Schneider, cofondateur et directeur général de Maia Farms, et Chris Bryson, fondateur et PDG de ns/tx industries, tous deux spécialisés dans les nouveaux ingrédients pour l’alimentation humaine et animale. Maia Farms a remporté le Deep Space Food Challenge de la NASA en 2021 et Gavin a affirmé : « Si on peut nourrir des astronautes en mission vers la Lune, on peut probablement avoir un effet sur la sécurité alimentaire ici sur Terre. » Depuis, Maia Farms a lancé des produits auprès d’une quinzaine de clients canadiens, collaboré avec Amy’s Kitchen et nourri quelque 360 000 familles dans le cadre de partenariats avec des banques alimentaires d’un bout à l’autre du pays.
ns/tx industries a suivi une voie différente : Chris a mis au point une technologie de congélation directionnelle spécialement conçue pour résoudre ce qu’il considérait comme le principal problème de l’industrie des produits à base de plantes. « Toutes les entreprises utilisaient la même technologie empruntée à la fabrication des pâtes et des céréales, qui ne pourrait jamais recréer les subtilités de la viande. Nous voulions produire des aliments à base de plantes qui ne soient pas mauvais. »

Les deux fondateurs ont relevé un défi plus vaste : l’extension de la fabrication de nouveaux produits alimentaires nécessite des investissements en équipement et en infrastructures exclusives, et pas seulement en main-d’œuvre. Il s’agit d’un domaine dans lequel les instruments de financement actuels peuvent s’améliorer. Tous deux se sont également opposés au discours public sur les produits à base de plantes.
Comme l’a fait remarquer Chris, les exploitants et les distributeurs de services alimentaires manifestent un réel intérêt pour de meilleures solutions. L’obstacle n’est pas la résistance des consommateurs, mais la qualité des produits. « Si vous créez un excellent produit qui a un bon goût, un bon profil nutritionnel et un bon prix, il y a vraiment beaucoup de potentiel. »
Les affaires récentes de Gavin l’ont bien montré : il a signé un accord d’approvisionnement avec Centennial Food Solutions, une entreprise de viande traditionnelle, qui vend désormais les ingrédients à base de champignons de Maia Farms à un coût par portion inférieur à celui du bœuf haché.
Voici les principaux points à retenir des causeries :
- L’incertitude est la condition de fonctionnement, et non l’exception. Les entreprises qui acquièrent une capacité d’adaptation en même temps qu’elles créent leurs produits seront les mieux placées pour faire face à l’avenir.
- Le marché canadien des systèmes alimentaires est bien ouvert – et le temps presse. Rendre les systèmes alimentaires plus efficaces, plus sains et plus nutritifs n’est plus un luxe, c’est une nécessité.
- La science est la mise. La commercialisation est le jeu Les entreprises canadiennes en démarrage ont besoin d’un soutien plus structuré pour combler le fossé entre la validation technique et la commercialisation – pour la création d’une marque, l’acquisition de talents et le financement de la phase de croissance.
- L’expansion des entreprises de technologie alimentaire nécessite des outils de financement adéquats. L’écosystème canadien de l’innovation est très performant aux premiers stades. Il faudra toutefois continuer à faire évoluer ces outils afin que les investissements en capital et les besoins en infrastructures soient mieux pris en compte en plus des coûts de la main-d’œuvre – une conversation que le secteur est prêt à avoir.
- La perception du consommateur et la réalité du marché ne correspondent pas toujours. Les entreprises canadiennes peuvent changer la donne en créant des produits véritablement compétitifs en matière de goût, de texture, de nutrition et de prix.
Perspectives d’avenir
Après 10 ans, la mission n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est tout ce que PNC sait aujourd’hui sur la manière de la concrétiser. Les fondateurs présents dans la salle le 1er avril font le dur labeur de prouver le potentiel de la bioéconomie canadienne – et le rôle de PNC dans le prochain chapitre est de grandir à leurs côtés, en approfondissant l’expertise en capital, les partenariats et le soutien à la commercialisation qui permettent aux entreprises de passer du stade de la promesse à celui de la preuve.


Entrez en contact avec nous.
La bioéconomie est bâtie par les fondateurs canadiens qui travaillent sur certains des problèmes les plus importants de notre époque. Voici comment en savoir plus :
- Découvrez les innovateurs. Parcourez la liste des nombreuses entreprises soutenues par PNC dans les secteurs des produits naturels et biosourcés : https://canadiangamechangers.ca/fr.
- Voyez les preuves. Lisez le rapport d’incidence économique de PNC « Proof Beyond Potential » ici pour avoir une idée complète de ce que l’innovation biosourcée canadienne a produit avec l’aide de PNC.
- Vous construisez quelque chose qui relève de la bioéconomie? Si vous avez une innovation dans le domaine des produits biosourcés ou naturels et que vous souhaitez savoir si PNC est le bon partenaire, n’hésitez pas à nous contacter : https://www.naturalproductscanada.com/fr/coordonnees/.
